Accord handicap et égalité professionnelle Matmut : Deux accords « donnant-perdant ».
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Égalité professionnelle : une baisse des droits acquis.
Dans cet accord égalité professionnelle, il y une seule avancée non soumise à interprétation : les 7 jours de congés paternité en plus des congés légaux. Nous saluons cette avancée pour les pères.
En contre-partie de cette avancée, il a été abandonné par rapport au précédent accord :
- l’égalité professionnelle dans les domaines suivants : la classification, les conditions de travail, la qualification.
- l’objectif de la prise de congé paternité à au moins 90%. Pourquoi abandonner cet objectif ? Est-ce parce que la Direction donne 7 jours de plus de congés paternité que l’entreprise ne cherche plus à ce que l’ensemble des pères puissent prendre leur congés paternité ?
- la masculinisation du collège non cadre. Cela ne devient qu’une simple vigilance
L’accord ne vise pas réellement l’égalité salariale car il permet des écarts pouvant atteindre 20% entre collègues faisant le même travail et ayant le même parcours professionnel. Avec cet accord, une femme pourra donc encore gagner 20% de moins qu’un homme.
Il y a 1 an, FO matmut avait revendiqué des mesures fortes contre les violences domestiques. La Matmut n’avait pas apporté de réponse. Dans cet accord, il est désormais prévu que « Au titre de mesures d’urgence et conservatoires, et avec l’accord de la DRH, il pourra être proposé aux collaborateurs concernés la possibilité de réserver des nuitées d’hôtels via le dispositif de réservation de la Matmut afin de leur permettre de s’éloigner de leur domicile, sans avance de frais … ». Cette phrase est ambiguë, si le salarié victime de violence n’avance pas de frais, ce que nous saluons, est-ce qu’il doit les rembourser ? L’accord n’apporte pas la réponse. FO Matmut espère que la Direction n’ira pas faire des retenues sur salaire.
Nous déplorons la tiédeur de l’engagement de la Matmut concernant les violences domestiques. Le chemin de la conquête sociale est encore long sur cette problématique.
Accord Handicap Matmut : Haro sur l’intéressement et la participation.
Comme pour l’accord égalité professionnelle, un « copier-coller » a été réalisé avec hélas une baisse des droits pour les salariés en situation de handicap ou proche aidant.
Désormais, si le collègue en situation de handicap prend une journée d’absence spécifique ou si le collègue proche aidant prend un jour de congé issu du Fonds de Solidarité, il perdra un pourcentage de l’intéressement et de la participation. En effet, l’accord prévoit que ces journées ne sont pas assimilées à du temps de travail effectif pour l’intéressement et de la participation. (article 7.5 et 11.2 de l’accord). C’est du « donnant-perdant ».
Nous sommes en présence d’une mesure discriminatoire et non légale puisque fondée sur l’état de santé du salarié. Comment les organisations syndicales ont pu apposer leur signature ? Pourquoi léser les salariés les plus précaires ?
Cet accord comporte d’autres régressions sociales :
- la Matmut souhaite recruter idéalement 12 salariés en situation de handicap, en CDI, sur 4 ans au lieu de 16. Mais ce n’est pas une certitude puisque “idéalement”.
- Désormais, il faudra attendre 4 mois d’ancienneté pour bénéficier de la participation au financement de l’équipement personnel nécessaire au salarié en lien avec son handicap et son activité professionnelle. Puisque cela est nécessaire pour l’activité professionnelle, pourquoi instaurer dans cet accord un délai qui n’existait pas au préalable. FO Matmut déplore cette baisse des droits au détriment des salariés en situation de handicap.
Encore une fois, cet accord limite la cotisation à taux plein pour la retraite en cas de temps partiel pour handicap ou proche à une durée de 6 ans la cotisation, alors que la loi ne prévoit pas cette restriction. Cela ne coûte rien pour la Matmut puisque le salarié fait le sacrifice d’une partie de son salaire. FO Matmut déplore que la Matmut soit moins disante que la loi.
Concernant les proches aidants, l’accord aurait pu corriger les erreurs du précédent accord. En effet, des collègues se sont vu refuser le bénéfice de l’accord proche aidant pour aider un parent au motif que l’époux(se) avait toutes ses capacités cognitives. C’était le moment de modifier cet accord car une personne âgée ne peut pas s’occuper de son époux(se) atteint(e) d’une maladie dégénérative.
FO déplore l’absence de nouvelles avancées sociales dans ces deux accords. Nous regrettons que notre Direction n’applique pas les principes de mutualisme et de solidarité qu’elle vante tant à ses propres collaborateurs et n’offre que le minimum.