Déclaration de FO Matmut au CSE sur la situation économique et financière du Groupe pour l'exercice 2025
Une performance financière indéniable que nous saluons
Il convient tout d’abord de souligner la très grande solidité et la performance remarquable du Groupe au cours de l’année 2025. Dans un contexte macroéconomique pourtant difficile en France, la MATMUT a su tirer son épingle du jeu.
Plusieurs indicateurs témoignent du dynamisme et de la robustesse de notre modèle :
- Le chiffre d’affaires combiné franchit un cap historique pour s’établir à 3 692,3 M€, soit une hausse impressionnante de +16 %.
- Le cap des 5 millions de sociétaires a été franchi (+9,3 %).
- Le Résultat Net Part du Groupe bondit à 163,2 M€ (contre 104,4 M€ en 2024).
- Enfin, les ratios de solvabilité atteignent un excellent niveau de 214,8 %, garantissant l’indépendance et la pérennité du Groupe.
Ces résultats ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le fruit de hausses tarifaires certes, mais ils découlent avant tout du professionnalisme et de l’engagement quotidien des équipes de la MATMUT. Les salariés ont su absorber les projets informatiques d’envergure et faire face à une sinistralité climatique intense (plus de 88 M€ de sinistres climatiques bruts, dont les orages mémorables de fin juin). FO Matmut tient à rappeler que cette réussite est avant tout celle des travailleuses et des travailleurs.
Nos points de vigilance et les ombres au tableau
Derrière cette vitrine flatteuse, FO note plusieurs points d’attention qui pèsent ou risquent de peser sur le quotidien des salariés :
- La hausse des résiliations : Le taux de résiliation augmente pour atteindre 9,9 %, principalement à l’initiative des sociétaires (+9,1 %). Cela démontre que la pression concurrentielle et l’acceptation des hausses tarifaires par les sociétaires atteignent un seuil critique. Les équipes en agence et en plateformes téléphoniques se retrouvent en première ligne pour gérer cette insatisfaction, ce qui accroît la charge mentale.
- Une sinistralité sous-jacente lourde : Si le ratio S/C global s’améliore, c’est en très grande partie grâce à un niveau exceptionnel et quasi « artificiel » de boni de liquidation des exercices antérieurs (114 M€). Le coût moyen des sinistres matériels en automobile continue de grimper de +6,1 % en raison de l’inflation du prix des pièces détachées. Le risque climatique (sécheresse à 68 M€) devient structurel. La rigueur technique ne doit pas se transformer en politique d’austérité sur les moyens humains.
- La maîtrise des frais généraux au détriment des salaires ? Le ratio des charges de gestion sur primes descend à 15,5 %, son plus bas niveau depuis 9 ans. Si la Direction se félicite de cette productivité, FO rappelle que la modération des coûts ne doit pas s’opérer par le gel des conditions de travail ou par une politique salariale restrictive face à des salariés qui subissent le coût de la vie.
Le point de rupture : L’annonce de la sortie d’Ociane de l’UES
Le fait marquant de cet exercice est sans conteste la transformation de notre périmètre avec l’intégration de KOREGE mais, surtout, le projet de sortie de la Mutuelle Ociane de l’UES Matmut.
Pour FO Matmut, cette annonce est un signal d’alarme majeur. Ociane affiche une santé de fer, avec un chiffre d’affaires en hausse de +12,3 % (583,3 M€) et un résultat technique qui a plus que doublé pour atteindre 46,1 M€. Sortir le fleuron de l’activité « Assurance de personnes » de notre UES historique emporte des conséquences lourdes que nous dénonçons :
- L’affaiblissement et le morcellement de l’UES : En externalisant Ociane de l’UES, la Direction fragilise la communauté de travailleurs. L’UES garantit une égalité de traitement, une harmonisation des statuts sociaux et une solidarité entre les branches d’activité (IARD / Santé).
- Un risque de dumping social interne : Nous craignons que cette sortie ne serve à créer un statut social « à deux vitesses » au sein des entités du Groupe, remettant en cause les acquis des collègues d’Ociane.
Conclusion
FO Matmut prend acte des excellents résultats financiers de l’année 2025, qui prouvent que le Groupe a largement les moyens de mener une politique sociale de haut niveau.
Cependant, nous nous opposerons fermement à toute stratégie de désengagement social ou de filialisation sauvage qui viserait à détricoter notre UES sous prétexte de flexibilité ou d’optimisation. La performance économique n’a de sens que si elle s’accompagne d’un progrès social partagé. Nous attendons de la Direction des garanties claires, écrites et négociées sur le maintien du statut social et des acquis pour l’ensemble des salariés, qu’ils restent dans l’UES ou qu’ils soient impactés par les mouvements de périmètre d’Ociane.